07.06.2008

Jeu de...

Mot à mot.
Mots tus.
Mots dits.
Mots gréés.
Mot-quête.

Mots chuchotés sur l'oreiller.
Mots en écho.
Mots sucrés.
Mots suspendus.
Mots-voeux.

Mots hurlés à travers une porte.
Mots fermés.
Mots salés.
Mots tristes.
Mots-cris.

Mots d'amour.
Mots de vie.

28.05.2008

A mon cueilleur d'étoiles - Intime dédicace

J'écris, j'écris...
Ici ou ailleurs...

J'écris pour exister.
Pour ne pas sombrer.
Pour encore avoir la tête hors de l'eau.

Mais, l'eau monte...
Il pleut. Je pleure.
Des larmes de pluie qui tombent dans le silence de la nuit.
Je ressemble au ciel. Sans les étoiles.
Le ciel étoilé n'existe que lorsque C. est là.
Mon jardinier cueille les étoiles qu'il m'apporte ensuite
pour me faire sourire.

Mais C. est loin. Parti sous d'autres cieux, apaiser la souffrance de l'autre.

Alors, ce soir, sans doute parce que tu es loin, sans doute parce que tu me manques,
en catimini pour ne pas t'affoler, et pour la première fois je voudrais te dire que je t'aime.

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25.05.2008

J'aime

A mes enfants...

Parfois, je me dis que tout cela est bien compliqué.
Mais que sans tout cela ma vie serait triste et vide.

J'aime...
Un peu. Beaucoup. A la folie.
Sais pas faire autrement.
Sais pas donner à moitié.

Mon coeur est vaste.
Et il y a du monde à l'intérieur.
Ceux qui se connaissent et ceux qui ne se connaissent pas.
Mais moi, je les reconnais.
Tous, je les aime.
A chacun d'eux, je leur donne ce qu'ils attendent.

Et c'est à ce fil d'amour que je m'accroche...

25.04.2008

Au clair de la lune

Des draps froissés...
mon doigt qui s'aventure...
le soupir que tu retiens...

Tes yeux posés sur mon ventre
apaisent à peine le feu qui m'habite.
Doucement, nos regards s'accrochent.

Suspendue à ta flamme,
je me consume lentement.
Nos peaux s'appellent.
Nos mains se croisent.
Nos caresses se répondent.
Un gémissement, un appel, presqu'une prière...

Viens...

Nos sexes s'épousent.
Ta langue glisse sur mes lèvres,
nos souffles se rejoignent.
Profondeur... entre force et faiblesse.

Nous avons rendez-vous...

Tu m'attends, tu m'espères...
Soudain mon corps s'embrase.
Ta main se referme sur la mienne.
Tu m'accompagnes...
Nous sommes seuls au monde.

La nuit nous emmène, une fois encore,
vers un ailleurs qui nous appartient.
Ton corps est brillant sous la lune,
et le mien étincelle de toutes les étoiles que tu viens d'y déposer.

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Photo Basil Gromov

28.11.2007

Les maux des mots

 

Des mots fragiles, qui donnent pourtant l'impression de définitif.
«Je t'aime», «c'est fini entre nous», «j'aimerais que...»...

Je suis partie, je suis revenue.
Deux hommes occupent mes pensées, mon coeur.
Deux hommes m'habitent.
Je les aime.
Comment mon coeur est-il fait pour que j'aime deux hommes ?

Je suis partie.
Avec C.
Main dans la main. Au soleil. Plus rien d'autre n'existait.
Je suis revenue. Il fait froid

J'écris à S.
Je le devine plus que je ne le voie. Je l'aime par correspondance.
C'est difficile pour moi. C'est compliqué.
Et je l'aime.
Il me prend. Il me laisse partir. Il joue.
Comment faire ?

Des mots fragiles. Emplis de doute.
Qui donnent pourtant l'impression de définitif.
Et j'ai mal ce soir.

...

26.08.2007

Le lien

Je viens d'écrire à S. et je me suis sentie tout près de lui.
Si près que son souffle m'a effleurée.
Nous ne nous sommes pas vus depuis début août.
Mais nous nous écrivons plusieurs fois par semaine.
Et il est important cet échange. Il maintient le lien qui existe entre nous, tout en le renforçant.
Je sais, ça paraît peut-être incompréhensible pour beaucoup.
Mais notre relation est particulière.
Elle se construit peu à peu. Lentement. Doucement.
Il sait que je suis là et je sais qu'il est là.
Quand on se sent s'éloigner l'un de l'autre, on se retrouve.
Et j'ai compris que c'est parce que les choses sont comme ça entre nous, que le lien est fort.

23.08.2007

Mi fugue-mi raison

Il s'est approché lentement, avec son sourire taquin.
Il m'a pris dans ses bras et m'a serrée.
Doucement.
Et pourtant j'ai ressenti une grande force nous traverser.
Fulgurant.
Nous étions les rois du monde en cette minute.
Puis il a relâché son étreinte et m'a regardé droit dans les yeux.
- J'ai envie de t'enlever !
- Hein ?
- Oui, j'ai envie qu'on parte comme ça, tous les deux. Là tout de suite.
- ...
- Tu veux pas ? T'as pas envie ?
- Oh si, bien sûr. Mais...

Oui, il y avait des tas de "mais" entre notre envie de fuguer et notre raison de rester.
Et pourtant, nous sommes partis.
Pas longtemps, deux jours.
Pas loin, à 70 km.
Une petite chambre d'hôtel avec vue sur la campagne que nous n'avons pas vue.
Et la pluie qu'on entendait taper sur les vitres.

J'ai aimé.
Tout.
Le calme de l'endroit.
La chaleur de notre intimité.
La douceur de nos étreintes.
Le livre que nous avons lu, tour à tour, à voix haute.
Le clocher de l'église qui sonnait tous les quarts d'heure.
Et nos sourires, nos fous-rires, nos délires...

Sur la route du retour, on s'est dit qu'il faudra vite recommencer.
Chiche !

 

 

18.08.2007

De la créativité

Nous portons tous en nous une part de créativité. Qu'elle se manifeste dans le dessin, la peinture, la couture, la cuisine, le jardinage, le bricolage, l'écriture, le chant, la photo, la musique... que sais-je encore.
Cette part de créativité, c'est "moi" qui la porte. "Moi" et pas "toi".
Ce qui signifie qu'il est nécessaire de l'écouter pour l'entendre cet appel intérieur.
Et s'écouter c'est parfois compliqué, surtout dans le cadre d'une éducation tournée vers l'autre plutôt que vers soi, la raison l'emportant toujours sur l'imagination.

La créativité est une forme d'approche de l'autre.
Ecrire ici, par exemple, c'est de la créativité. C'est partager avec l'autre, avec toi lecteur, cette part que je porte en moi.
J'ai longtemps refoulé ma créativité, car je croyais que c'était laisser l'autre entrevoir une certaine intimité que je souhaitais garder secrète.
Quelle erreur !
Comment l'autre pouvait-il me percevoir si je ne lui montrais de moi qu'une infime partie ?
Comment pouvait-il me comprendre si je me taisais ?
Alors que j'avais pourtant envie de partager ce que je continuais à enfouir méthodiquement.

J'ai encouragé mes enfants à écouter leur part de créativité. Alors qu'ils étaient petits, je partageais leurs activités manuelles en les guidant, en leur montrant. Maintenant, ils s'expriment par le dessin, la peinture, la musique, le chant, la photo.
Mais ces activités manuelles que je partageais avec eux les concernaient et me parlaient peu. C'était juste ma façon de partager cet instant avec eux, et j'en ressentais une certaine frustration.
Et puis un jour, j'ai ouvert la porte à ma part de créativité. J'ai "osé" me lancer, montrer aux autres ce que je portais à l'intérieur, ce qui me définissait en quelque sorte.
Depuis mon regard a changé et ma relation à l'autre s'est métamorphosée.

Je crois que c'est Einstein qui a écrit que l’imagination est plus importante que le savoir.

Alors, savoir qu'on a de l'imagination...

La créativité - Extrait du site Doctissimo

14.08.2007

Noir et blanc

Il faut savoir se perdre pour pouvoir se retrouver.

Aujourd'hui, c'est plutôt gris dans ma tête.
Mes vacances se terminent. Et avec elles, la lenteur qui m'a habitée ces derniers jours.
Je vais à nouveau devoir courir, courir sans autre but que d'être à l'heure, être efficace, être présente... alors que je voudrais plutôt être absente.
Quelqu'un m'a dit "il faut savoir se perdre pour pouvoir se retrouver". Et si je n'avais pas plus envie de me retrouver. Et si je voulais rester perdue à jamais...

Il y a des jours qui se suivent et se ressemblent et il y a des jours qui ne ressembleront jamais à aucun autre.

13.08.2007

Joyeuse complicité

C. est revenu.
Je suis allée le chercher à l'aéroport. J'aime ce moment d'avant les retrouvailles.
Je connais la même chose avec S.
C'est un instant léger qui me fait palpiter. Beaucoup. Enormément.
Je dirais même que, plus que l'instant des retrouvailles, je préfère celui de l'attente. Il est plein de promesses et d'espoir. Il est plein de rêves.

Cette fois-ci, nous avons beaucoup parlé. J'ai beaucoup parlé.
Je lui ai dit ce que je porte dans mon coeur. Un peu comme si je lui demandais de m'aider à porter quelques paquets qui me semblent lourds.
Mais je lui ai aussi dit des choses plus légères. Par exemple que j'aimais que ses mains effleurent ma nuque. Que j'aimais les frissons qu'elles me procuraient, à cet instant là.

Il chante tout le temps. Sous la douche, en préparant le café, en rangeant la vaisselle...
Il chante bien et juste !
Il est joyeux presque tout le temps... avec moi.
Il m'a avoué que quand nous étions ensemble, il était bien.
C'est ce que j'aime dans notre relation. C'est cette complicité qui nous rend unique l'un à l'autre. C'est toutes ces choses que nous faisons ensemble, de la plus anodine à la plus importante à nos yeux, qui rend l'instant joyeux et léger.
Quand je l'ai rencontré, je ne savais pas où j'allais tout en sachant, inconsciemment, qu'il était important pour moi d'y aller.
Je sais maintenant que C. m'a aidé à entrouvrir la porte devant laquelle je me trouvais depuis des années sans oser poser la main sur la poignée. Il m'a accompagnée dans cette démarche, m'a rassurée et m'a encouragée.

C. est revenu. Aujourd'hui, il est déjà reparti...

10.08.2007

Sens dessus dessous

Sous le pont, nos lèvres se sont accrochées.
Sous la lune, nos mains se sont unies.
Sous le lit, ma jupe s'est enfuie.
Sous les draps, nos ventres se sont effleurés.

Dans mon corps, tu t'es glissé.
Dans le ciel, tes mots se sont envolés.
Dans les étoiles, mes cris se sont échappés.
Dans l'univers, nos rêves se sont réalisés.

Sur la vague, nous avons navigué.
Sur ta peau, des perles se sont formées.
Sur ma bouche, un sourire s'est dessiné.
Sur ton regard, un rayon de soleil s'est posé.

09.08.2007

Soleils du soir

Si belle soirée, mardi...

Milieu de soirée, coup de fil de S., mon fauve indomptable et sauvage.
Il avait envie de m'entendre, de me parler. Encore des mots très forts, des mots bruts qui font mal.
Et puis des paroles derrière lesquelles se cache de la tendresse pour qui sait la percevoir.
Il joue avec moi. Il n'en a pas vraiment conscience.
Je suis pourtant à ses pieds. Et je le lui montre, alors que je voudrais tant pouvoir faire autrement.
Il est à la fois si fragile et si fort.
Si fragile que je voudrais le protéger de lui, des autres.
Et si fort que je n'esquive même plus ses coups de griffes.
J'étais contente de l'entendre. J'étais émue, comme à chaque fois...

Fin de soirée, coup de fil de C., mon jardinier qui parle aux fleurs et aux papillons.
Il était en escale. Une nuit, quelques heures. Encore sur la route, il arrivait...
"Est-ce que je peux venir te serrer dans mes bras ?"
"Viens, je t'attends."
Une nuit, quelques heures...
Peu de mots, beaucoup de tendresse, quelques caresses...
Il est parti à l'aube, laissant sur la table un rayon de soleil.
Il revient bientôt...

06.08.2007

Premier matin du monde

 

Nous avons encore écrit une page de notre histoire, S. et moi.
Elle est de celles qui resteront gravées dans mon esprit jusqu'à ce que ma mémoire n'ait plus de souvenirs.
J'étais heureuse de le revoir, j'étais belle de le revoir.
Petite lionne soumise aux caprices du fauve.
Moments suspendus, le temps n'est plus. Jour, nuit... plus rien n'existe, si ce n'est son regard sur moi, ses mains sur moi, et ses mots parfois confus.
Je ne voulais pas m'endormir pour profiter de chaque instant. Je l'ai regardé dormir et s'éveiller.
Et comme à chaque fois, ce fut le premier matin du monde...

Je suis partie en lui demandant, du bout des lèvres, qu'on puisse se revoir bientôt.
Il m'a promis... mais sa promesse, la tiendra-t-il ?

J'ai mal de le quitter, mais c'est nécessaire. Pour lui, comme pour moi.
Deux êtres bizarres, deux animaux qui se croisent parfois, qui s'aiment et se font souffrir.

Mon jardinier me manque.
Il est doux, tendre. Lui voit le papillon qui m'habite.

04.08.2007

Ton coeur

Aujourd'hui, je te vois, S.
Aujourd'hui, c'est la fête...
Eloignés l'un de l'autre de si longues semaines, il nous faudra refaire connaissance, nous réapprivoiser.
Il me faudra te toucher pour réaliser. Tu étais tellement présent dans mes rêves que tu en devenais irréél.
Je prendrai ton visage dans mes mains, je plongerai avec délice dans ton regard. Il est doux, il est chaud.


Je me blottirai dans tes bras que tu refermeras autour de moi.
Alors, nous reconstruirons cet univers qui nous appartient.
Nous partirons pour un grand voyage car il en est toujours ainsi avec toi.
Nous volerons parmi les étoiles et nous les cueillerons l'une après l'autre.


Puis, je poserai ma main à l'endroit où tu palpites.
Simplement pour toucher ton coeur...

26.07.2007

Dans l'attente

Mon humeur est à l'image du temps... gris et mouillé.
Les jours semblent dilués. La lumière s'allume et s'éteint, le ciel joue avec un interrupteur géant et pleure sur nous.
Certaines routes de campagne sont inondées, les fossés débordent.
Les enfants, encapuchonnés et embottés, s'amusent à rouler en vélo dans les grandes flaques qui longent les chemins. Ils sont bien les seuls à en rire...
Les vacanciers rentrent chez eux, abandonnant leur lieu de villégiature, écoeurés par cette météo désastreuse.
Et pourtant qu'elle est belle, la mer lorsque l'horizon est sombre. Elle n'a plus de limite. Elle se perd dans le ciel ou est-ce le ciel qui se perd dans la mer...
Bien sûr, il faut aimer. Je crois qu'il faut être de la région pour l'apprécier de cette façon...

Enfant, je me promenais dans les immensités dunaires recouvertes d'oyats. J'aurais pu me perdre, mais mon père m'avait expliqué qu'il fallait prendre le phare comme repère et toujours l'avoir à portée de vue.
Quand les jours étaient beaux, des couples s'installaient dans les dunes pour faire ou du naturisme ou prolonger les calins du matin...
Là, je parle d'un temps que les moins de 20 ans...

Mon jardinier est parti. Deux semaines. Le temps est suspendu...
S. est absent, comme souvent. Peut-être s'est-il mis à l'abri de la tempête...
Je me retrouve en équilibre sur le fil invisible du temps.

La fenêtre ouverte me laisse entrevoir un ciel aux diverses nuances de gris.
J'entre dans l'attente...